LES DÉSORDRES DU VIOLONCELLE

SPECTACLE TOUT PUBLIC A PARTIR DE 12 ANS    [ Création janvier 2012 ]

EXTRAIT DE LA NOTE DE MISE EN SCENE

Les désordres du violoncelle c’est avant tout une rencontre de lecture. Moment privilégié, intime entre un lecteur, des personnages, leur histoire.
Immédiatement me sont venus à l’esprit des images, une lumière, des ambiances tour à tour tendues, fraternelles, amoureuses. J’ai senti au fil de ma lecture que cette pièce contenait tout cela. Conquis, je savais que je me trouvais face à un beau défi.

Au fil du temps ce texte et cette histoire ne m’ont pas lâché. J’ai décidé de la mettre en scène.
Les choses sont venues assez vite, la distribution, l’espace, la lumière, le son. J’ai repris le texte et l’ai soumis aux interprètes. Tout de suite nous avons senti la profondeur des enjeux, ces trois femmes enfermées dans leurs peurs, leurs jalousies, leurs amours, leurs contradictions alors que dehors, c’est la guerre civile, les meurtres sans appel, les règlements de compte, les absurdités et les déchirements. […]

Frédéric Richaud, octobre 2011

EXTRAIT DE LA NOTE D’AUTEUR

Sans réfléchir, j’ai abordé la thématique de l’enfermement qui m’a toujours interpellée, saisie. Pourquoi enferme-t-on l’autre ? Pourquoi s’enfermer soi-même ? S’enfermer entre des murs pour ne rien voir, s’enfermer dans la musique pour ne rien entendre. S’enfermer dans un corps inerte… chacun de mes personnages s’est enfermé à sa façon ou a enfermé l’autre ou les deux à la fois !
Dans une sorte de mise en abyme incontrôlable.
S’enfermer est-ce renoncer à la vie ? Personnellement, je ne le pense pas mais j’avais besoin que mes personnages, qui sont devenus bien réels, qui parlent, s’expriment, me le disent, me montrent leurs limites et leurs capacités à dépasser des situations. Je voulais surtout dire à travers ce texte qu’enfermement ne veut pas dire inertie. […]

S’enfermer, ne veut pas dire se protéger non plus. Cette histoire racontée sur fond de tourmente terroriste, montre bien que la violence de la rue est dupliquée à l’intérieur de la maison. Elle se faufile, glisse à travers les interstices des persiennes. C’est un mal insidieux, une maladie qui atteint tout le monde.
J’ai voulu également travailler sur la notion de temps. L’abolir pour quelques instants. Dès que le temps s’affranchit de la chronologie, c’est la panique, le désordre s’installe…
C’est aussi le temps qui prend le soin de bercer la folie des hommes. Le temps ne guérit rien, il nous enfonce parfois. La tante en fait la démonstration. Ce drame est habillé de silence, de notes de musique et d’éclats de bombes…
L’apaisement ne peut être atteint que lorsque la ligne mélodique et la courbe dramatique se rejoignent enfin !

Gehanne Khalfallah, novembre 2011