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MON PAYS ÉTRANGER

 

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Compagnie Eclats de Scènes

Un texte de Catherine Verlaguet mis en scène par Frédéric Richaud

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Spectacle tout public dès 12 ans – Durée 50 min.

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« Vivre, c’est ne pas se résigner ».
Albert Camus ; Noces (1939)

Une femme veut annoncer à son mari qu’elle ne rentrera pas avec lui dans leur pays d’origine pour leur retraite. Sa décision est prise. Elle restera dans le pays qui l’a accueilli, qui l’a rendue heureuse, où ses enfants ont grandi, étudié.

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Mais les choses à dire sont difficiles pour elle, impossible même. Elle essaye plusieurs fois, de plusieurs manières, sans résultat. Elle décide de lui écrire.

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À travers le récit de sa vie, elle parlera de son enfance, de son mariage, de ses parents, de ses enfants et de Lui, Karim. Jamais nostalgique, elle explique que sa vie est ici, que sa culture à présent prend racine dans ses deux pays mais que son cœur bat ici.

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Plutôt joyeuse, optimiste et déterminée, elle nous fait voyager dans ses espoirs, ses déceptions, ses croyances.

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Mon Pays étranger est le prolongement du travail de création qu’Éclats de Scènes mène autour de l’écriture contemporaine sur des sujets d’actualité par le filtre de la fiction. Ancré dans des problématiques actuelles, le texte interroge les spectateurs sur ces enjeux majeurs que sont les questions des migrations et de l’intégration.

LAPALUD

> Jeudi 17 mai – 19h

Espace Julian

TARIFS

> Plein tarif 8€

> Tarif réduit 5€

> Gratuit pour les moins de 15 ans

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RÉSERVATION

> 06 76 61 10 51

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Pour fêter la 1ère représentation de ce nouveau spectacle de la compagnie Eclats de Scènes, nous vous invitons à prendre l’apéritif. Ce sera l’occasion d’échanger autour du spectacle.

La genèse de ce projet prend sa source dans un atelier de « récoltes de paroles » réalisé auprès d’un groupe constitué de personnes, en majorité de femmes, issues de l’immigration, insérées dans un dispositif FLE (Français Langue Étrangère). Ces ateliers ont été réalisés en partenariat avec le Pied à l’Étrier, association d’insertion par le travail basée sur la ville de Bollène (84).

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Une fois par semaine sur des thèmes bien précis tels que l’arrivée dans un pays nouveau, le départ de son pays d’origine, les couleurs prégnantes en arrivant, les odeurs, la cuisine, le fantasme et la réalité, la rencontre amoureuse, le mariage, les enfants, le cadre de vie… Une rencontre a eu lieu entre une artiste et un groupe volontaire de femmes, pour répondre à un certain nombre de questions. Les réponses ont toutes été enregistrées et transmises à l’auteure, qui a exploité cette matière en vue d’une écriture dramatique.

Lorsque Frédéric Richaud est venu me chercher pour l’écriture de ce projet, j’ai accepté pour deux raisons. Premièrement parce que c’était lui et que, du peu que je connais l’homme, je connais l’artiste et je sais que nous nous inscrivons dans la même démarche artistique et citoyenne. Deuxièmement, pour la vertu citoyenne du projet, justement ; j’entends par citoyenne, celle de rassembler les êtres au lieu de les identifier dans leurs différences.

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J’avais déjà travaillé avec un groupe de femmes en maison de quartier à Valréas, en 2013, sur ma première résidence au festival « les Nuits de l’Enclave ». De ces rencontres, je garde le souvenir de beaucoup d’émotions, de fou-rires, de confessions et de débats passionnants. Cette résidence a donné naissance à « Braises », l’un des textes dont je suis le plus fière. Renouveler l’expérience de ces rencontres me séduisait.

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Lorsque nous avons sorti nos calendriers, nous nous sommes malheureusement rendus compte que je n’étais disponible sur aucune des dates d’ateliers fixées ! Qu’à cela ne tienne : nous avons imaginé que je préparerais des questionnaires et que Sarah Nedjoum et/ou lui mèneraient les entretiens en atelier, enregistreraient puis m’enverraient les bandes. Ainsi, je préparais les questions d’une semaine à l’autre en fonction de ce que j’entendais.

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Le fait de ne pas avoir rencontré ces femmes m’a rendue, finalement, plus libre dans mon appréhension de la matière extraordinaire qu’elles me confiaient. Les connaissant, je pense qu’un rapport plus affectif aurait encombré le travail d’un désir de leur rendre hommage à toutes, individuellement. Mais travailler à partir des bandes m’a permis de m’emparer de la matière comme d’une entité brute ; j’entends par là qu’à l’écoute, je ne reconnaissais pas toujours qui parlait, qui disait quoi… Je n’associais pas les voix à des corps ; et j’ai donc pris
toutes ces voix comme une seule, même si elle se contredisait parfois.

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Je n’avais pas choisi mon sujet avant de commencer les entretiens. Je n’ai pas commencé à écrire avant la fin des séances. Je voulais, avec elles, faire le tour de plusieurs sujets avant de me confronter aux notes que j’avais prises et voir ce qui s’en dégageait.

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Je savais, par contre, que j’écrirai une fiction. La question était : quelle histoire, quelle situation, quel fil rouge allait me permettre de retracer en une voix ce qu’elles m’avaient racontées, toutes ? Et au-delà de ça encore : quelle histoire, quelle situation, quel fil rouge pouvait être tissé entre elles que l’on étiquette femmes des quartiers, et nous, auto-identifiées femmes tout court, comme si nos mœurs, pensées, us et coutumes faisaient forcément références en matière de ce féminitude.

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L’autre n’est pas si loin de nous.

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On enferme ces femmes dans l’image qu’on se fait d’elles alors que l’expression « on est un c… » devrait nous rappeler qu’au-delà des clichés et des préjugés qui ne sont qu’une histoire de surface, c’est bien la même humanité qui se déploie, avec ces mêmes désirs, ces mêmes doutes, peurs, appréhensions, pudeur, timidité, etc.

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Ainsi, si la surface n’est pas toujours la même, l’intérieur, lui, bat de la même façon. C’est ce cœur là des choses, au sein d’une seule et même histoire, que j’ai tenté de révéler dans « la France, mon pays étranger ».

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Ce geste artistique s’inscrit indubitablement dans une dimension citoyenne de rassemblement.

Je souhaite situer la pièce à notre époque, dans un appartement meublé, exigu. Un lieu de vie dans lequel vont se croiser le passé et le futur. Le passé symbolisé par la présence de photos, de meubles ou d’ustensiles, des décorations achetées au fil du temps, années après années. Le futur par le récit et le verbe du texte, porté par l’actrice.

Ce lieu symbolique va porter une partie de la vie de ce personnage, de ses enfants, de son mari, de leur union.

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Je voudrais aussi qu’il y ait un poste de radio qui diffuse de la musique et des actualités. Que ce lieu et le personnage soient reliés au monde, à la société, je ne veux pas l’isoler physiquement. Peut-être que le verbe l’isolera pour prendre la décision de rester en France et de ne pas partir avec son mari.

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Je souhaite que deux quotidiens se rencontrent, celui du spectateur et celui du personnage. Je souhaite « installer » le spectateur dans l’appartement du personnage et le laisser s’immerger à travers les actions du quotidien.

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Je ne veux pas que la lettre soit une écriture continue qui jaillit, je vais demander à la comédienne de la retenir, de la penser ; de penser la lettre, seul moyen de communication qui lui reste pour dire ce qu’elle a dire à son mari. Elle a pris sa décision, elle restera en France. Sa difficulté est de trouver les mots justes pour retranscrire sa pensée et sa détermination.

Je voudrais que cette lettre soit en gestation dans la tête et le corps du personnage, l’écriture viendra petit à petit après de longs moments d’hésitation, de rature, de réécriture.

Je souhaite que le personnage soit le propre miroir du spectateur dans nos indécisions, nos choix, nos regards sur le monde.

Le texte sera ponctué de silences, de musique, d’actualités, de chants peut être.

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Le personnage unique est une femme, sans nom pour l’instant, une mère, une épouse. Elle sera déterminée, courageuse. Au-delà de son origine, je donnerai à voir l’universalité du texte et du personnage. L’action peut se passer quelque part en Europe, en Afrique, en Amérique ou en Asie.

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J’orienterai le travail avec l’actrice, autour de cette multiculture acquise au fil du temps. Les moments de dureté alterneront avec le lâcher prise, la gravité laissera la place aux rires.

Une production Eclats de Scènes en coproduction avec le Théâtre des Carmes – André Benedetto.

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Un texte de Catherine Verlaguet

Mise en Scène Frédéric Richaud

Avec Aïni Iften

Assistante à la mise en scène Sarah Nedjoum

Conception scénographie et création lumière Benoit Leon

Costumes En cours